Paysans d’avenir, une aventure photo autour du monde

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Parfois sur Shootr nous mettons à l’honneur les projets de jeunes photographes. Pour cette première, nous vous présentons Laure Line Rogerieux qui a décidé de partir faire un voyage photographique à la découverte des paysans du monde. Et pas de n’importe quel paysans, ceux qui veulent changer le monde en se dotant des moyens pour nourrir durablement les 8 milliards d’habitants que compte la Terre. Ca s’appelle “Paysans d’avenir”, et comme le portrait agricole reste un sujet assez peu discuté, nous avons quelques questions à lui poser.

Chez shootr, on aime pas que la photo. On aime aussi les vaches.

Chez shootr, on aime pas que la photo. On aime aussi les vaches.

Bonjour Lali ? (ndlr : penser à retirer cette question au montage)
Bonjour monsieur…

Tu nous décris ce que c’est “Paysans d’avenir” ?
C’est un voyage photographique à la découverte de la diversité agricole. L’idée c’est d’aller à la rencontre des agriculteurs du monde pour mettre en avant tout ce qui peut se faire de positif dans l’agriculture. Et pour ça j’utilise deux moyens ludiques que sont le voyage et la photographie pour attirer l’attention du grand public.

Donc tu cherches à éduquer le grand public, pour montrer quoi ?
Eduquer c’est un peu fort. Je cherche surtout à montrer une vision réaliste et positive de l’agriculture actuelle. Parce qu’à la télé, on nous parle tout le temps de bouseux, de la pollution, des problèmes, et que tout ce qui n’est pas bio, c’est pourri.
Mais tout ça c’est une vision faussée de l’agriculture. J’ai rencontré un paquet d’agriculteurs qui se bougent pour innover et améliorer notre nourriture et la protection de l’environnement. Sauf que ceux-là, on en parle pas ou trop peu !

tourdefrancemoisson-1

Ça par exemple, c’est une moissonneuse.

Pourquoi avoir choisi la photo et pas juste avoir fait un simple site d’information pour en parler ?
Mon idée originale était de prendre en photo tous les paysans du monde. Et à partir de là, j’ai construit le projet Paysans d’avenir. Je fais aussi un blog ou je vais raconter mon voyage, publier mes photos et raconter les histoires et les projets d’avenir des paysans que je vais rencontrer.

En fait tu va faire un peu comme du reportage de guerre, mais à la place des champs de batailles, ce sera des champs tout court, et à la place des chars d’assaut, ce sera des chars à boeufs. C’est pas un peu la loose ?
Au contraire, c’est beaucoup plus chouette !
L’agriculture c’est la vie, parce-que ça touche à un besoin primaire de l’être humain, manger. Sans agriculture, plus de nourriture ! Je pense que c’est normal de s’intéresser à ce qu’il y a dans nos assiettes ainsi qu’aux personnes qui en produise le contenu.

Quels pays comptes-tu visiter ?
Alors j’ai déjà commencé en France avec les moissons cet été, et je suis déjà partie au Sénégal de mi novembre à mi décembre.
A partir du mois de février, je repars 5 mois pour la Nouvelle-Zélande, le Vietnam, Madagascar, la Bolivie et les Etats-Unis pour finir.

Tour de france des moissons

Pourquoi avoir choisi ces pays ?
L’idée c’est de montrer toute la diversité agricole du monde. Pour ça le mieux c’était d’aller voir des pays aux cultures et agricultures très différentes. Bien sûr il y a parfois des cultures similaires, comme par exemple le riz que l’on retrouvera au Sénégal, au Vietnam et à Madagascar. Mais c’est d’autant plus intéressant de voir comment, en fonction des contraintes locales (climat, terrain), les agriculteurs vont cultiver une même céréale !
Au niveau photo, cela va me permettre de vous faire voyager avec moi à travers ces pays et leurs paysages agricoles très variés : les hauts plateaux rouges de Madagascar, les rizières vertes du Vietnam, les grandes prairies Néo-Zélandaise, etc. Un périple riche en couleur et en diversité !

As-tu déjà des contacts sur place ? Quels types de projets souhaites-tu découvrir ?
J’ai déjà quelques contacts dans chaque pays, mais j’en cherche encore, alors si vous connaissez des personnes travaillant de près ou de loin dans l’agriculture dans un de ces pays, n’hésitez pas !
Plus sérieusement, en Nouvelle-Zélande je suis en contact avec l’Université Lincoln qui fait des recherches très poussées sur l’agriculture. Je vais pouvoir les rencontrer et aller découvrir leurs innovations technologiques ! Ensuite, au Vietnam je suis en partenariat avec “Entrepreneurs du monde” pour aller rencontrer des petits paysans qui ont pu créer leur exploitation grâce à du micro crédit.
A Madagascar, je vais notamment rencontrer des paysans cultivant du riz et du coton.
En Bolivie, je voudrais aller voir les cultures de pomme de terre et de quinoa.
Enfin aux Etats-Unis je vais à la rencontre d’agriculteurs dans l’Ohio et des startups agricoles dans la Silicon Valley !

Un aperçu du Sénégal

Quel est ton budget pour ce voyage ?
J’ai budgétisé mon projet à 27000€, et comme je n’ai pas cet argent, j’ai fait des partenariats. J’en ai déjà trois : le Conseil départemental de l’Essonne, le crédit Agricole d’Ile de France et les Jeunes Agriculteurs d’Ile de France ouest.
Comme il me manque encore des fonds, au début du mois de Janvier j’ai lancé une campagne de financement participative sur la plateforme Miimosa, spécialisée dans les projets agricoles.
Donc, Alexandre ne m’oublie pas, tu sais à qui donner ton argent de poche du mois de janvier !

Quelle est ton expérience en photo ?
Ca fait deux ans que je pratique. J’ai pris quelques cours pour peaufiner ma technique avant de partir.

C’est ton premier projet photographique ?
Alors oui, bien que j’ai déjà fait un tour de France de la moisson cet été. Ca m’a permis de me mettre en situation, d’aller à la rencontre des agriculteurs et notamment d’apprendre à gérer l’environnement (comme la poussière dégagée par les moissonneuses). Ca m’a aussi permis d’apprendre à mettre à l’aise les agriculteur devant l’objectif.

Tu embarques quoi comme matériel ?
J’embarque mon Nikon D7100, avec deux objectifs : un 18-105 et un 50mm.
Un trépied, deux batteries de rechange, des cartes mémoires, des filtres ND.

Si ta campagne de financement est un succès, tu le compléteras avec autre chose ?
Un micro pour faire des vidéo. Et si ma campagne est un très très grand succès, une focale fixe grand angle pour les paysages.

Comment va se matérialiser ce projet, du coup ?
3 supports : une communauté animée autour d’un site internet et des réseaux sociaux, un carnet de voyage (un livre photo), et des expositions.
L’idée des expositions serait de les présenter dans des endroits de grand passage (mairies, institutions, … ) pour toucher un maximum de personnes et les amener à s’intéresser à l’agriculture.

Tu penses que les paysans pourront lire le livre ?!
Oui alors c’est un peu une légende urbaine, mais globalement les agriculteurs, en tout cas en France, savent tous lire.
Et pour les gens comme toi, il y aura toujours des images !

Tu pars quand ?
Je repars le 15 février en Nouvelle-Zélande. Et si la campagne échoue, j’y vais à pied (et à la nage… ).

Ok, on aime les vaches ET les tracteurs.

Ok, on aime les vaches ET les tracteurs.

Pour suivre le projet de Laure Line, c’est ici :
Sur le site de Paysans d’avenir, et aussi Facebook, Twitter et Instagram.
Et si vous souhaitez soutenir sa campagne pour financer ce voyage, ça ce passe sur la plateforme Miimosa.

Crédits Photos : ©Laure Line Rogerieux

Si vous aussi, vous avez un projet qui parle de photo, ou qui lie la photo à autre chose (comme l’agriculture), n’hésitez pas à nous contacter, on en discutera autour d’une bière ou d’un chocolat chaud !

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A propos de l'auteur

Alexandre De Coupigny

Photographe aventurier, c'est au cours de ses voyages qu'Alexandre a tiré ses premiers portraits. Reporter dans l'âme, la meilleure façon de lui payer une bière est de venir le rejoindre au cœur de l'action. (pensez tout de même au gilet pare-balle)

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